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Copiez Collet

  • L’obsession du corps

    «Qu’est-ce que c’est encore que cette merde?» C’est peu ou prou ce que je me suis exclamée en écoutant l’hilarante chronique de Vincent Dedienne à propos du site fourchette-et-bikini. Et dont la baseline est «qui a dit que mincir était compliqué?». «Fourchette & Bikini est le premier magazine on-line traitant de tous les sujets gravitant autour de la minceur: psycho, actu, beauté, bien-être, santé, maman….», nous apprend un communiqué de presse. Définition que l’on pourrait accoler à l’ensemble de la presse féminine. Laquelle, dès la mi-mars délaisse peu à peu les sujets «actu» et «psycho» pour se concentrer sur la taille de nos culs et nos indices de masse corporelle. Car quand les beaux jours arrivent, les magazines féminins, papier ou en ligne, concentrent tous leurs efforts pour nous démontrer à nous, êtres utérins, que nous ne serons pas décentes sur la plage cet été à moins de perdre du poids. Oh pas beaucoup hein. Cette année, 3 petits kilos en moins feront l’affaire, nous précise, dans sa grande mansuétude, Constance Benqué, CEO de Elle, Le fait même que Benqué semble considérer que dire aux femmes qu’elles n’ont à se délester QUE de 3 kilos constitue une petite révolution, (et croit que demander de perdre trois kilos ce n'est pas un régime) montre bien à quelle point la presse féminine est à côté de la plaque. Et s’enfonce chaque jour un peu plus dans le déni de ses responsabilités. Quand t’es une femme, tu passes le bac option bikini toutes les putains d’année Car véhiculer le message qu’une femme doit changer d’apparence physique avant d’oser se prélasser sur la plage et d’être soumise aux regards (masculins, essentiellement; on y reviendra) est d’une effroyable crétinerie. Et surtout d’une dangerosité sous-évaluée. La presse féminine parle d’ailleurs «d’épreuve du maillot» comme s’il y avait un test à passer auquel on peut potentiellement être recalée. Et induit donc une notion d’échec, alors même que les vacances sont censées figurer l’abandon, pour un temps, du souci de la performance et de satisfaire une instance supérieure. Quand t’es une femme, tu passes le bac option bikini toutes les putains d’année. (Petite pause pour noter que ce «- 3 kilos avant le maillot» induit aussi que toutes les femmes partent en vacances l’été, comme si avoir les moyens de se payer la plage était une norme universelle. Et comme si entre mai et septembre, la seule apparence physique était l’unique contingence (plus que le loyer à payer, le tiers provisionnel à la rentrée, les gosses à nourrir). Mais exiger de Elle ou Glamour qu’elles prennent en compte les inégalités sociales, la VRAIE VIE et se montrent inclusives dans leurs discours, c’est encore bien trop demander. Si elles pouvaient cesser de piétiner l’ego de leurs lectrices, ce serait déjà pas mal.) D’après un sondage réalisé par Condé Nast, «plus d'une lectrice de presse féminine sur deux (54%) avoue être obsédée par son poids et sa silhouette». Certains seront tentés de jouer à l’œuf ou la poule et de décréter que c’est parce qu’elles sont obsédées par leur poids que ces femmes lisent la presse féminine, précisément pour y trouver des solutions. Mais il semblerait que ce soit le processus inverse: c’est après avoir refermé un Grazia ou autre qu’une femme peut littéralement haïr son enveloppe physique et développer une obsession pour telle ou telle partie de son corps. Et aller jusqu'à la dysmorphophobie (voir notre troisième article de la série anti-régimes): le trouble de l'image de soi, de relation à son propre corps, dont souffrirait 13% de la population. Un trouble que les spécialistes pensent dû à une combinaison de prédispositions génétiques et de facteurs environnementaux, parmi lesquelles le culte de la minceur et la lecture de la presse féminine qui donne «le sentiment d’être nulle, triste, moche, et jamais à la hauteur». Même quand on n’a pas de poids à perdre d’un point de vue purement médical. Je pèse 49kg pour 1,64m. Je suis physiologiquement mince, voire très mince, mais j’ai de la cellulite, des vergetures, et une culotte de cheval que je tolère la plupart du temps. Et je me trouve dégueulasse quand j’aperçois en une de «Elle» une mannequin prépubère et dénutrie floqué de la mention «objectif maillot». Car il ne faut pas être que mince, il faut être bien foutue, tonique, avoir la peau ferme, bronzée, sans capitons, lisse. Rien ne doit dépasser. Et comme aucune femme ne dispose d’un photoshop intégré qui escamoterait toutes les aspérités, cela est physiologiquement impossible. Mais ces troubles engendrés ne sont rien par rapport à la façon dont la minceur, érigée en modèle, alimente par la même occasion la grossophobie. Si, mincir «c’est pas compliqué», comme l’affirme «Fourchette et bikini», cela revient à décrire les femmes en surpoids comme des feignasses dénuées de volonté et qui feraient mieux de ne pas infliger à autrui la vision d’un corps maltraité. Dans On ne nait pas grosse, Gabrielle Deydier explique parfaitement comment le moindre des actes des gros suscite commentaires, et mauvais traitement. Les gros dérangent et enfoncent les coins du corps parfait sur papier glacé infusé dans nos esprits à longueur de papiers régime. Car ces articles minceur grignotent l’estime de soi de toutes les femmes, mais surtout de celles qui, tout en étant conscientes d’être grosses (car «grosse» n’est pas un gros mot), refusent d’être assignées à résidence et de se cacher. Nous vivons dans un monde, ou une femme en surpoids qui profite de la plage et poste la photo sur les réseaux sociaux en maillot se fait insulter. C’est quoi notre problème???

  • Istanbul

    Il faut vraiment que je le note noir sur blanc dans ma not-to-do list : quoi qu'il arrive, il ne faut jamais parler politique avec ses collègues ! La semaine dernière, lors d'un incentive par ailleurs excellent à Istanbul, je me suis en effet risqué à aborder le sujet des primaires américaines. Je ne m'attendais pas à déclencher un tel séisme ! C'est la première fois que les élections américaines passionnent à ce point en France. Trump est bien sûr celui qui suscite le plus de réactions. Ce populiste est un homme-orchestre à lui tout seul. Ses réactions sont par moments celle d'un gosse caprieux et vindicatif. Et pourtant, malgré ses provocations puériles, il continue à monter dans les sondages. D'ailleurs, j'ai même découvert que nombre de mes collègues le soutenaient ! Et c'est assez terrifant. J'ai vu un documentaire sur cet homme, et c'était particulièrement glaçant. Ce type est capable de tout pour abattre ses adversaires. Il pense que le monde est un ring de catch. Il ne veut pas seulement gagner : il veut écharper toute forme de concurrence. C'est assez évident dans ses discours, qui ressemblent souvent à des fanfaronades de catcheur. Et c'est pourquoi ses adversaires ont tant de mal à s'affirmer face à lui : comment voulez-vous avoir une discussion sensée et construite avec un catcheur ? Et la situation est presque aussi effrayante dans le camp des démocrates. Les victoires de Sanders et de Trump illustrent une radicalisation dans les idées. Dans ces élections, au fond, le programme n'a aucune importance. Les électeurs sont tellement désireux de sanctionner les politiques qu'ils votent indifféremment pour les extrêmes. Ce phénomène est d'autant plus troublant qu'il n'est pas circonscrit au seul territoire américain. Les Etats-Unis ne sont que le reflet de ce qui se passe en Occident. Et si nous continuons sur cette pente, nous allons au devant de sérieux déboires. Cela dit, hormis cette discussion un peu trop animée, j'ai beaucoup apprécié cet incentive. J'en profite même pour vous mettre un lien vers l'agence incentive qui l'a mis en place, si vous cherchez à organiser un incentive aux petits oignons. Retrouvez toutes les infos sur cette activité incentive à Istanbul en suivant le lien.

  • Vers l’indépendance du Kurdistan

    Le Kurdistan, région autonome du nord de l'Irak riche en pétrole, a annoncé mercredi la tenue d'un référendum sur son indépendance le 25 septembre, malgré l'opposition de Bagdad et des réticences attendues internationalement. "La journée du 25 septembre a été choisie pour tenir le référendum" sur l'indépendance, a annoncé la présidence du Kurdistan irakien dans un communiqué. Composée de trois provinces, le Kurdistan est une région du nord de l'Irak autonome depuis 1991 et dont les forces sont impliquées dans l'offensive contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Irak. Les Kurdes irakiens qui seraient environ 4,6 millions soutiennent majoritairement l'idée d'indépendance. "Ce sera durant cette journée que les habitants de la région du Kurdistan ainsi que ceux des zones disputées voteront pour dire s'ils acceptent l'indépendance", a indiqué la présidence. La formulation "zones disputées" fait référence à des zones du nord de l'Irak, notamment la province multiethnique et riche en pétrole de Kirkouk, revendiquée à la fois par les Kurdes et par le gouvernement fédéral irakien. Une éventuelle indépendance du Kurdistan irakien suscite déjà l'opposition de Bagdad mais ce rejet serait encore plus fort si les Kurdes tentent d'étendre leur influence sur les zones hors de leur région actuelle. - Opposition de pays voisins - D'autres pays de la région comptant d'importantes minorités kurdes pourraient aussi s'opposer à une indépendance du Kurdistan irakien par peur qu'elle ne fasse tache d'huile chez eux. Les Kurdes, un peuple d'origine indo-européenne, vivent principalement dans quatre pays: en Turquie, en Irak, en Iran et en Syrie. Ils ont longtemps souhaité avoir leur propre Etat mais ce rêve s'était brisé à la fin de la Première guerre mondiale. La Turquie est ainsi farouchement opposée à toute constitution d'un Etat kurde sur une partie de son territoire ou même en Syrie voisine où les Kurdes ont constitué une région autonome. Si Ankara entretient actuellement des relations économiques avec les autorités du Kurdistan irakien, cela pourrait changer en cas d'indépendance et une opposition turque mettrait sérieusement en péril la viabilité du futur Etat. Le Kurdistan irakien tire en effet ses principales recettes de l'exportation du pétrole, et celle-ci se fait via un pipeline arrivant au port turc de Ceyhan. Sur le plan interne, les profondes divisions entre les partis kurdes pourraient aussi paralyser les institutions d'un futur Etat indépendant. La présidence de la région a affirmé dans son communiqué que "les partis politiques se sont mis d'accord pour résoudre certains des différends politiques et économiques avant la tenue du référendum". Le Kurdistan irakien fait également face à une situation économique difficile en raison de la baisse des prix du pétrole, sa principale source de revenus pour financer son administration. La région a ainsi suspendu à plusieurs reprises le paiement des salaires des fonctionnaires faute de liquidités suffisantes. En octobre 2016, le Premier ministre du kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, avait indiqué vouloir discuter de "l'indépendance" de cette région autonome dès que la ville de Mossoul serait reprise aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI). Les forces irakiennes ont reconquis la partie est de la deuxième ville d'Irak et mènent de violents combats contre les jihadistes dans l'ouest de Mossoul dont elles ont également repris plusieurs quartiers.