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Copiez Collet

  • Un combat aérien, pour de vrai

    Maverick a bercé votre enfance et vous avez passé des heures devant Dogfight 1942 ? Alors il est temps de passer à la vitesse supérieure. Aujourd'hui, j'ai mieux à vous proposer : un véritable combat aérien dans le monde réel, où vous êtes le pilote de l'avion ! Et mieux encore, il n'y a même pas besoin d'avoir son PPL pour se lancer ! Impossible, me direz-vous ? Et pourtant, c'est une réalité. Je suis tombé sur cette aventure fantastique il y a quelques semaines, en bouinant sur internet, et j'ai immédiatement sauté le pas. Bon, je dois admettre que j'agis parfois de manière impulsive, et il n'est pas rare que je m'en morde les doigts (ça rend ma femme complètement dingue). Mais cette fois, il se trouve que j'avais tiré les bonnes cartes : c'était vraiment fabuleux. Ca se passe sur une journée complète. Après un briefing où on vous apprend les règles de l'engagement aérien, vous vous retrouvez à bord d'un avion ultra léger, seul aux manettes. Le pilote-instructeur, qui a participé à de véritables batailles lorsqu'il était dans l'armée, est sur le siège arrière, et s'il ne vous parlait pas de temps à autre pour vous aider à faire vos premiers pas, vous pourriez croire que vous êtes seul à bord. Soudainement, l'avion qui était à vos côtés file au devant. C'est le signal que le duel a commencé ! Vous manoeuvrez pour amener l'appareil ennemi dans le viseur, mais il ne se laisse pas faire. Il faut éviter de le perdre en visuel pour ne pas devenir à son tour la cible, ce qui s'avère loin d'être évident. Mais enfin, après quelques minutes de course-poursuite, la chance survient, et vous tirez. Shot ! L'avion ennemi laisse échapper une traînée de fumée sur son passage. C'est saisissant de réalisme ! Mais pas le temps de souffler : il est déjà temps d'inverser les rôles et c'est vous qui devenez la proie... Je suis habitué aux sports chargées en adrénaline, mais ce vol-là m'en a mis plein les veines. Même si on sait que ce n'est qu'un jeu, on perd vite cette vérité de vue quand un ennemi nous poursuit ! Cette aventure est un simple laser game géant, mais version aérienne. Du pur bonheur. Apparemment, c'est unique en Europe et ça se passe en Aquitaine. Si vous êtes un fada des combats aériens, lancez-vous les yeux fermés ! Retrouvez toutes les infos sur cette expérience de pilote de chasse en suivant le lien.

  • L'inégalité scolaire

    Les contextes fortement ségrégués socialement et scolairement des établissements français ne constituent pas des conditions d’apprentissage porteuses pour les élèves en difficulté, ni des situations de travail favorables pour les enseignants ou bénéfiques en termes de climat scolaire. Or, en France, ces phénomènes de ségrégation sociale, scolaire et - plus tabous - de séparatisme d’origine migratoire sont puissants. Depuis 2000, malgré la timide politique de mixité sociale sous forme d’assouplissement de la carte scolaire (2007), les données11 suggèrent une stabilité de la ségrégation sociale entre établissements, que l’on s’appuie sur les données PISA ou sur les données administratives nationales. La ségrégation scolaire semble avoir évolué de façon plus erratique : on assiste depuis le milieu de la décennie 2000 à une stabilisation, voire à une baisse, en fin de scolarité obligatoire, selon les données et les indicateurs utilisés, alors que la première moitié des années 2000 se caractérisait plutôt par une hausse de la ségrégation scolaire des élèves en France (telle que mesurée par les enquêtes PISA). Enfin, un processus de ségrégation d’origine migratoire est à l’œuvre au sens où les élèves d’origine immigrée ne seraient pas répartis de manière homogène entre les différents établissements. À partir des données PISA des élèves scolarisés en collège (donc ayant au moins une année de retard), Baye et Monseur ont tenté de mesurer ce phénomène au niveau des collèges. Ils observent une tendance à la hausse de ce type de ségrégation entre les études PISA 2000 et PISA 2012. Si ces analyses sont limitées dans leur objet (puisque centrées sur les collèges et sur des élèves qui ont le plus souvent déjà redoublé), elles pourraient mettre en évidence une possible accélération de la ségrégation des élèves issus de l’immigration quand ils sont en difficulté scolaire, phénomène qui devra être davantage analysé pour être confirmé. Les contextes ségrégués ne sont pas bénéfiques en termes de climat scolaire. Un tiers des élèves disent se sentir en insécurité au sein de leur collège d’éducation prioritaire contre un quart dans les autres établissements. Les enquêtes PISA montrent que sur la dernière décennie les élèves de 15 ans sont confrontés à une dégradation du climat scolaire dans leurs établissements et tout particulièrement les élèves des milieux sociaux les plus modestes.

  • L’obsession du corps

    «Qu’est-ce que c’est encore que cette merde?» C’est peu ou prou ce que je me suis exclamée en écoutant l’hilarante chronique de Vincent Dedienne à propos du site fourchette-et-bikini. Et dont la baseline est «qui a dit que mincir était compliqué?». «Fourchette & Bikini est le premier magazine on-line traitant de tous les sujets gravitant autour de la minceur: psycho, actu, beauté, bien-être, santé, maman….», nous apprend un communiqué de presse. Définition que l’on pourrait accoler à l’ensemble de la presse féminine. Laquelle, dès la mi-mars délaisse peu à peu les sujets «actu» et «psycho» pour se concentrer sur la taille de nos culs et nos indices de masse corporelle. Car quand les beaux jours arrivent, les magazines féminins, papier ou en ligne, concentrent tous leurs efforts pour nous démontrer à nous, êtres utérins, que nous ne serons pas décentes sur la plage cet été à moins de perdre du poids. Oh pas beaucoup hein. Cette année, 3 petits kilos en moins feront l’affaire, nous précise, dans sa grande mansuétude, Constance Benqué, CEO de Elle, Le fait même que Benqué semble considérer que dire aux femmes qu’elles n’ont à se délester QUE de 3 kilos constitue une petite révolution, (et croit que demander de perdre trois kilos ce n'est pas un régime) montre bien à quelle point la presse féminine est à côté de la plaque. Et s’enfonce chaque jour un peu plus dans le déni de ses responsabilités. Quand t’es une femme, tu passes le bac option bikini toutes les putains d’année Car véhiculer le message qu’une femme doit changer d’apparence physique avant d’oser se prélasser sur la plage et d’être soumise aux regards (masculins, essentiellement; on y reviendra) est d’une effroyable crétinerie. Et surtout d’une dangerosité sous-évaluée. La presse féminine parle d’ailleurs «d’épreuve du maillot» comme s’il y avait un test à passer auquel on peut potentiellement être recalée. Et induit donc une notion d’échec, alors même que les vacances sont censées figurer l’abandon, pour un temps, du souci de la performance et de satisfaire une instance supérieure. Quand t’es une femme, tu passes le bac option bikini toutes les putains d’année. (Petite pause pour noter que ce «- 3 kilos avant le maillot» induit aussi que toutes les femmes partent en vacances l’été, comme si avoir les moyens de se payer la plage était une norme universelle. Et comme si entre mai et septembre, la seule apparence physique était l’unique contingence (plus que le loyer à payer, le tiers provisionnel à la rentrée, les gosses à nourrir). Mais exiger de Elle ou Glamour qu’elles prennent en compte les inégalités sociales, la VRAIE VIE et se montrent inclusives dans leurs discours, c’est encore bien trop demander. Si elles pouvaient cesser de piétiner l’ego de leurs lectrices, ce serait déjà pas mal.) D’après un sondage réalisé par Condé Nast, «plus d'une lectrice de presse féminine sur deux (54%) avoue être obsédée par son poids et sa silhouette». Certains seront tentés de jouer à l’œuf ou la poule et de décréter que c’est parce qu’elles sont obsédées par leur poids que ces femmes lisent la presse féminine, précisément pour y trouver des solutions. Mais il semblerait que ce soit le processus inverse: c’est après avoir refermé un Grazia ou autre qu’une femme peut littéralement haïr son enveloppe physique et développer une obsession pour telle ou telle partie de son corps. Et aller jusqu'à la dysmorphophobie (voir notre troisième article de la série anti-régimes): le trouble de l'image de soi, de relation à son propre corps, dont souffrirait 13% de la population. Un trouble que les spécialistes pensent dû à une combinaison de prédispositions génétiques et de facteurs environnementaux, parmi lesquelles le culte de la minceur et la lecture de la presse féminine qui donne «le sentiment d’être nulle, triste, moche, et jamais à la hauteur». Même quand on n’a pas de poids à perdre d’un point de vue purement médical. Je pèse 49kg pour 1,64m. Je suis physiologiquement mince, voire très mince, mais j’ai de la cellulite, des vergetures, et une culotte de cheval que je tolère la plupart du temps. Et je me trouve dégueulasse quand j’aperçois en une de «Elle» une mannequin prépubère et dénutrie floqué de la mention «objectif maillot». Car il ne faut pas être que mince, il faut être bien foutue, tonique, avoir la peau ferme, bronzée, sans capitons, lisse. Rien ne doit dépasser. Et comme aucune femme ne dispose d’un photoshop intégré qui escamoterait toutes les aspérités, cela est physiologiquement impossible. Mais ces troubles engendrés ne sont rien par rapport à la façon dont la minceur, érigée en modèle, alimente par la même occasion la grossophobie. Si, mincir «c’est pas compliqué», comme l’affirme «Fourchette et bikini», cela revient à décrire les femmes en surpoids comme des feignasses dénuées de volonté et qui feraient mieux de ne pas infliger à autrui la vision d’un corps maltraité. Dans On ne nait pas grosse, Gabrielle Deydier explique parfaitement comment le moindre des actes des gros suscite commentaires, et mauvais traitement. Les gros dérangent et enfoncent les coins du corps parfait sur papier glacé infusé dans nos esprits à longueur de papiers régime. Car ces articles minceur grignotent l’estime de soi de toutes les femmes, mais surtout de celles qui, tout en étant conscientes d’être grosses (car «grosse» n’est pas un gros mot), refusent d’être assignées à résidence et de se cacher. Nous vivons dans un monde, ou une femme en surpoids qui profite de la plage et poste la photo sur les réseaux sociaux en maillot se fait insulter. C’est quoi notre problème???