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Copiez Collet

  • Survoler la frontière de l'Ecosse

    Lors d'un voyage en Angleterre la semaine dernière, j'ai réalisé un vol en hélicoptère au-dessus de la campagne. Le paysage était splendide, mais ce n'était pas pour ses merveilles naturelles que j'avais voulu le survoler : c'était pour découvrir depuis les airs les restes de cette fabuleuse construction qu'est le mur d'Hadrien. S'il n'en reste plus aujourd'hui qu'une poignée de vestige, on peut aisément imaginer, depuis la verrière du cockpit, l'étendue originelle de cette construction légendaire. Le mur d’Hadrien a toujours été à mes yeux une impressionnante démonstration du génie militaire antique, et cela faisait longtemps que je rêvais de le contempler. Il fut édifié en huit ans, entre la rive orientale et la rive occidentale de l'Angleterre. Il marquait la frontière nord-ouest de l'Empire romain. Courant sur 113 km (de Newcastle au Solway Firth), il avait pour fonction d'interdire toute incursion aux barbares du nord, les Pictes. Vu des airs, et sur presque toute sa longueur, le mur offre encore un spectacle impressionnant, ondulant gracieusement d’une colline à une autre. Les segments les mieux préservés se situent à l’ouest de Chesters et à l’est de Birdoswald. Selon certaines estimations, le mur culminait à sept mètres de hauteur. Il fut construit sur ordre de l'empereur Hadrien après sa visite de 122 en Grande-Bretagne et bénéficia de renforcements ultérieurs. L’essentiel du travail fut assuré par les trois légions stationnées dans le pays, mais des troupes auxiliaires venues des quatre coins de l’Empire le gardèrent. Tous les milles, s’élevait un « fortin milliaire » pouvant accueillir 30 hommes et deux tours étaient disposées entre deux fortins. Derrière le mur, se dressait une fortification massive dénommée vallum, constituée d’un large fossé flanqué de remparts de terre. Des forts importants, comportant des casernements pour un millier d’hommes, étaient répartis à intervalles réguliers. Parmi les sites les plus intéressants du mur, il y avait notamment le fort de Birdoswald avec sa halle d'exercice ; celui de Vindolanda avec son foyer d'habitations civiles ; le fort de Housesteads, qui comporte des greniers, des latrines, un hôpital et d’importants casernements ; enfin, le fort des environs de Chesters, réservé à la cavalerie. Une vingtaine d’années après l'achèvement de ces travaux, l’empereur Antonin construisit un second mur, plus au nord. Mais celui-ci fut rapidement abandonné et la frontière resta marquée par le mur d’Hadrien jusqu‘à ce que les Romains se retirent de Grande-Bretagne, en 410. Il reste, encore aujourd'hui encore, toujours aussi impressionnant, malgré son état de ruine. Si vous vous rendez un jour dans le nord de l'Angleterre, ne manquez pas ce symbole d'une civilisation incroyable. Et si vous en avez l'occasion, découvrez-le lors d'un vol en hélicoptère pour en saisir l'étendue : on se sent brusquement petit, face à ces hommes qui vécurent il y a si longtemps et pouvaient cependant faire de telles prouesses ! Davantage d'information sur cette activité de vol en hélicoptère en cliquant sur le site web de l'organisateur.

  • Les acteurs de la représentation d’intérêt : Un nouveau pouvoir dans l’élaboration des normes ?

    Le pouvoir renvoie à la possession de moyens d'action sur quelqu'un ou quelque chose et s'inscrit dans une relation d'échange entre des acteurs. Il joue un rôle essentiel dans l'étude des liens d'interdépendance unissant les groupes de pression au législateur dans la mesure où le pouvoir dont va disposer ce dernier se trouve étroitement tributaire de la coopération des groupes de pression. D'une part, dans un contexte marqué par la multiplication des niveaux de gouvernement, local, national, communautaire, international, et la fragmentation des différents processus décisionnels, les groupes sont appelés à jouer un rôle croissant dans les relations de pouvoir qui s'établissent entre les acteurs institutionnels. En apportant leur soutien à l'un de ces acteurs, ministère national, Direction générale de la Commission européenne, les groupes peuvent ainsi leur servir de relais d'influence et accroître leur poids dans les relations qu'ils entretiennent avec les autres acteurs institutionnels. D'autre part, dans les relations de pouvoir qui s'établissent entre l'autorité investie du pouvoir d'appliquer la loi et les destinataires de la norme, la collaboration de ces derniers à l'élaboration de la norme est de nature à en simplifier considérablement la mise en œuvre. Ainsi, d'une saine collaboration avec les groupes de pression en amont peut dépendre la réception harmonieuse de la norme par le corps social en aval. Dans les deux cas, c'est le pouvoir de l'acteur institutionnel qui est en cause.

  • Marques, contenus : une association en gestation

    Le contenu de marque n'est pas nouveau. On peut en trouver des exemples qui datent du début du 20e siècle. Mais depuis peu, il commence à devenir une pratique courante. Et si cela ne paraît rien à première vue, je peux déjà vous dire que cette évolution va en fait remanier sensiblement le monde médiatique. Dernièrement, j'ai assisté à un séminaire en Russie où les défis du brand content ont été étudiés, et j'en ai tiré quelques pistes de réflexion. Avant, la distinction entre le monde des marques et l'écosystème des producteurs de contenus allait de soi : elle était d'ailleurs fixée par des lois, tout spécialement en France, où cette division est pratiquement aussi importante que celle qu'il peut y avoir entre Eglise et Etat. Dorénavant pourtant, le contenu de marque (qu'il soit né de l'association des marques avec des contenus ou d'une création spécifique) enjoint à changer de perspective sur les relations qu'il peut y avoir entre ces deux univers. Il faut élaborer de nouvelles façons de se mouvoir dans ce monde d'objets hybrides, fruits de développeurs multiples et chargés d’intentions variées. Il faut avertir le spectateur du type de contenu auquel il se confronte et l'habituer à louvoyer avec des contenus de plus en plus hybridés. Il faut également s'habituer à faire collaborer des intervenants qui sont plus nombreux pour concevoir un objet de communication, et qui parlent aussi des langages différents. Faire s'associer les artistes et les marques n'est pas toujours commode, mais force est de constater que cela va devenir important par la suite, et sans doute plus tôt qu'on ne le croit. Face à l'urgence qui va se faire jour, il est vraisemblable que les individus à la lisière de ces deux mondes seront grandement réclamés. Les producteurs de contenus ont en tout cas intérêt à se former dès à présent pour bien gérer les problèmes d’association avec les marques : choc culturel entre l'artistique et le monde des affaires, problèmes de déontologie, intégrité de l'information... Les questions à résoudre dans ce domaine sont nombreuses, mais plusieurs cas de brand content montrent que ces questions ne sont pas insolubles. La conclusion que je pense pouvoir tirer de ce séminaire, c'est que l'enjeu de la communication à venir ne sera probablement pas de communiquer avec les consommateurs, mais de faire que tous ces professionnels émanant d'horizons variés parviennent à communiquer entre eux et à produire des contenus de qualité. Pour plus d'informations, allez sur le site de l'organisation du séminaire en Russie et retrouvez toutes les informations.