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Copiez Collet

  • Istanbul

    Il faut vraiment que je le note noir sur blanc dans ma not-to-do list : quoi qu'il arrive, il ne faut jamais parler politique avec ses collègues ! La semaine dernière, lors d'un incentive par ailleurs excellent à Istanbul, je me suis en effet risqué à aborder le sujet des primaires américaines. Je ne m'attendais pas à déclencher un tel séisme ! C'est la première fois que les élections américaines passionnent à ce point en France. Trump est bien sûr celui qui suscite le plus de réactions. Ce populiste est un homme-orchestre à lui tout seul. Ses réactions sont par moments celle d'un gosse caprieux et vindicatif. Et pourtant, malgré ses provocations puériles, il continue à monter dans les sondages. D'ailleurs, j'ai même découvert que nombre de mes collègues le soutenaient ! Et c'est assez terrifant. J'ai vu un documentaire sur cet homme, et c'était particulièrement glaçant. Ce type est capable de tout pour abattre ses adversaires. Il pense que le monde est un ring de catch. Il ne veut pas seulement gagner : il veut écharper toute forme de concurrence. C'est assez évident dans ses discours, qui ressemblent souvent à des fanfaronades de catcheur. Et c'est pourquoi ses adversaires ont tant de mal à s'affirmer face à lui : comment voulez-vous avoir une discussion sensée et construite avec un catcheur ? Et la situation est presque aussi effrayante dans le camp des démocrates. Les victoires de Sanders et de Trump illustrent une radicalisation dans les idées. Dans ces élections, au fond, le programme n'a aucune importance. Les électeurs sont tellement désireux de sanctionner les politiques qu'ils votent indifféremment pour les extrêmes. Ce phénomène est d'autant plus troublant qu'il n'est pas circonscrit au seul territoire américain. Les Etats-Unis ne sont que le reflet de ce qui se passe en Occident. Et si nous continuons sur cette pente, nous allons au devant de sérieux déboires. Cela dit, hormis cette discussion un peu trop animée, j'ai beaucoup apprécié cet incentive. J'en profite même pour vous mettre un lien vers l'agence incentive qui l'a mis en place, si vous cherchez à organiser un incentive aux petits oignons. Retrouvez toutes les infos sur cette activité incentive à Istanbul en suivant le lien.

  • Vers l’indépendance du Kurdistan

    Le Kurdistan, région autonome du nord de l'Irak riche en pétrole, a annoncé mercredi la tenue d'un référendum sur son indépendance le 25 septembre, malgré l'opposition de Bagdad et des réticences attendues internationalement. "La journée du 25 septembre a été choisie pour tenir le référendum" sur l'indépendance, a annoncé la présidence du Kurdistan irakien dans un communiqué. Composée de trois provinces, le Kurdistan est une région du nord de l'Irak autonome depuis 1991 et dont les forces sont impliquées dans l'offensive contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Irak. Les Kurdes irakiens qui seraient environ 4,6 millions soutiennent majoritairement l'idée d'indépendance. "Ce sera durant cette journée que les habitants de la région du Kurdistan ainsi que ceux des zones disputées voteront pour dire s'ils acceptent l'indépendance", a indiqué la présidence. La formulation "zones disputées" fait référence à des zones du nord de l'Irak, notamment la province multiethnique et riche en pétrole de Kirkouk, revendiquée à la fois par les Kurdes et par le gouvernement fédéral irakien. Une éventuelle indépendance du Kurdistan irakien suscite déjà l'opposition de Bagdad mais ce rejet serait encore plus fort si les Kurdes tentent d'étendre leur influence sur les zones hors de leur région actuelle. - Opposition de pays voisins - D'autres pays de la région comptant d'importantes minorités kurdes pourraient aussi s'opposer à une indépendance du Kurdistan irakien par peur qu'elle ne fasse tache d'huile chez eux. Les Kurdes, un peuple d'origine indo-européenne, vivent principalement dans quatre pays: en Turquie, en Irak, en Iran et en Syrie. Ils ont longtemps souhaité avoir leur propre Etat mais ce rêve s'était brisé à la fin de la Première guerre mondiale. La Turquie est ainsi farouchement opposée à toute constitution d'un Etat kurde sur une partie de son territoire ou même en Syrie voisine où les Kurdes ont constitué une région autonome. Si Ankara entretient actuellement des relations économiques avec les autorités du Kurdistan irakien, cela pourrait changer en cas d'indépendance et une opposition turque mettrait sérieusement en péril la viabilité du futur Etat. Le Kurdistan irakien tire en effet ses principales recettes de l'exportation du pétrole, et celle-ci se fait via un pipeline arrivant au port turc de Ceyhan. Sur le plan interne, les profondes divisions entre les partis kurdes pourraient aussi paralyser les institutions d'un futur Etat indépendant. La présidence de la région a affirmé dans son communiqué que "les partis politiques se sont mis d'accord pour résoudre certains des différends politiques et économiques avant la tenue du référendum". Le Kurdistan irakien fait également face à une situation économique difficile en raison de la baisse des prix du pétrole, sa principale source de revenus pour financer son administration. La région a ainsi suspendu à plusieurs reprises le paiement des salaires des fonctionnaires faute de liquidités suffisantes. En octobre 2016, le Premier ministre du kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, avait indiqué vouloir discuter de "l'indépendance" de cette région autonome dès que la ville de Mossoul serait reprise aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI). Les forces irakiennes ont reconquis la partie est de la deuxième ville d'Irak et mènent de violents combats contre les jihadistes dans l'ouest de Mossoul dont elles ont également repris plusieurs quartiers.

  • Le rival chinois d’Airbus, prêt à décoller

    Le C919, un moyen-courrier conçu par la Chine pour bousculer le duopole Airbus-Boeing, doit effectuer cette semaine son tout premier vol, mais il faudra du temps pour que s’impose cet avion emblématique des ambitions aéronautiques de Pékin. Le vol inaugural du C919, d’abord envisagé en 2016, devrait avoir lieu vendredi, selon son constructeur, l’entreprise publique Commercial Aircraft Corporation of China (Comac), qui avait dévoilé le premier exemplaire en novembre 2015. Avec cet appareil capable de transporter 168 passagers sur 5.550 km, Comac espère rivaliser sur les vols régionaux avec les deux stars internationales du moyen-courrier, le B737 de l’américain Boeing et l’A320 de l’européen Airbus. « Ce vol inaugural n’est pas une grosse affaire en soi (mais) cela sera un moment symbolique, révélateur de l’évolution de l’industrie aéronautique chinoise », indique à l’AFP Greg Waldron, responsable pour l’Asie de la publication FlightGlobal. Un défi technologique dont le régime communiste a fait un enjeu de prestige: ne pas avoir d’avion « made in China », c’est se trouver « à la merci des autres », avait déploré le président Xi Jinping en 2014. Pour autant, le C919 profite de technologies étrangères: il est équipé de moteurs Leap de l’américain General Electric et du français Safran. L’objectif affiché par Pékin est d’entamer le duopole euro-américain, que ni le canadien Bombardier, ni le brésilien Embraer ou les russes Tupolev et Soukhoï ne parviennent à inquiéter. Boeing et Airbus se partagent, quasiment à égalité, le vaste marché chinois, qui devrait détrôner d’ici à 2024 les Etats-Unis comme premier marché mondial du transport aérien. Avec une demande dopée par l’essor de la classe moyenne, la Chine aura besoin de 6.800 avions de ligne sur les vingt années à venir, anticipe Boeing, tablant sur un triplement de la flotte du pays durant cette période. Comac espère avoir sa part du gâteau: il assure avoir enregistré 570 commandes pour le C919 à fin 2016, presque exclusivement de la part de compagnies chinoises. Mais le chemin s’annonce semé d’embûches pour s’imposer comme un rival sérieux. « Pour passer à l’étape suivante, il faudra vendre le produit, ce qui ne devrait pas s’avérer si facile » en dehors de la Chine, précise à l’AFP Shukor Yusof, analyste du cabinet Endau Analytics. « Ce sera extrêmement difficile de percer pour Comac: Airbus et Boeing verrouillent le marché des avions commerciaux, avec une longue histoire derrière eux et des produits éprouvés de longue date (…) Or la crédibilité est cruciale » pour convaincre les acheteurs potentiels, note-t-il. L’absence d’un réseau de service après-vente et d’entretien pourrait desservir Comac, abonde M. Waldron. Par ailleurs, l’obtention de la précieuse certification de l’Administration aéronautique américaine s’annonce ardue. Ce feu vert est indispensable pour survoler les Etats-Unis et par extension s’imposer pour les avions destinés à des vols internationaux. L’Agence de sécurité aérienne européenne a également été saisie, la procédure prendra au mieux « entre quatre et sept ans », d’après un de ses responsables.