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  • Petite voltige

    La semaine dernière, ma femme et moi nous sommes rendus dans le Nord pour une activité un peu particulière qu'elle m'avait offerte quelques mois plus tôt : un baptême de voltige aérienne. Je passerai sur les détails de cette activité extraordinaire mais ô combien remuante pour m'attarder sur un paysage que nous avons découvert par la suite, en poussant jusqu'à la fameuse mer du Nord : la Côte d'Opale. Un nom très beau pour un endroit qui l'est tout autant. Bien arrondie, entre Gravelines qui donne sur la mer du Nord et le domaine du Marquenterre qui plonge dans la Manche, voici donc la Côte d'Opale. Pourquoi ce nom, me direz-vous ? Il est en fait très bien choisi, puisqu'il fait référence à la teinte laiteuse des eaux, dans lesquelles se dissout la craie arrachée aux falaises. Les teintes de l'eau y sont proprement uniques. C'est par ailleurs le lieu de l'Hexagone qui est le plus proche de l'Angleterre. Il n'est donc pas étonnant d'y découvrir tant de liens entre les deux pays, à commencer par le tunnel sous la Manche. Mais, bien avant cette prouesse technique et technologique, il y eut cette fameuse rencontre du « Camp du drap d'or », au mois de juin 1520, dont on m'avait raconté l'anecdote au cours de mes études, et qui m'avait, je ne sais trop pourquoi, marqué. Ce nom légèrement pompeux désigne en fait une entrevue qui s'est déroulée près de Calais, entre Guines et Ardres, entrevue réunissant le roi d'Angleterre Henri VIII et le roi de France François Ier. Ils se retrouvaient pour tenter de contrer les appétits grandissants du nouvel empereur germanique Charles Quint. Les souverains français et anglais avaient déployé d'incroyables fastes lors de cette rencontre qui a duré plus de quinze jours. Pour éviter d'habiter chez l'un de leurs vassaux, les deux rois s'étaient fait aménager d'immenses tentes brodées d'or et de pierres précieuses ; ils avaient rivalisé d'adresse lors d'une lutte à mains nues pour finalement... ne rien décider. Ils se sont au final quittés bons cousins, et rien de plus ! Je crois que cette histoire m'avait marqué car, jusque là, je pensais que les puissants avaient quelque chose de plus que les simples mortels, qu'ils étaient sans doute plus intelligents, ou plus doués. J'étais jeune. Et il n'est plus possible de se faire de telles illusions quand on voit notre Président actuel à l'oeuvre. Me souvenir de cette histoire m'a plombé le moral, en définitive, et je vais en rester là pour aujourd'hui. Mais si vous avez un jour l'occasion d'aller sur la Côte d'opale, ou même d'essayer la voltige aérienne (coeur sensible s'abstenir), n'hésitez pas : les deux ont été une très belle expérience pour moi. Retrouvez toutes les infos sur cette activité de voltige aérienne à Courtrai en suivant le lien.

  • Réorienter au mieux les biens d'équipement lorsqu'on s'en sépare

    Une partie non négligeable des objets mis au rebus, les jours d’encombrants, trouvent de nouveaux acquéreurs spontanés. Il y a comme une noria de récupérateurs de tous poils, ces nuits là, avec une stratification dans le temps et les moyens qui n’est pas sans rappeler la hiérarchie des différents chiffonniers, dans le vieux Paris, d’avant Eugène POUBELLE. Ce sont d'abord, à pied, les habitants du quartier eux-mêmes, et particulièrement les plus jeunes, qui trouvent là matière à exercer leur curiosité (les trésors du grenier de la voisine enfin dévoilés sur le trottoir !) et une distraction gratifiante lorsqu'ils découvrent quelque jeu abîmé mais magique, pour un soir au moins (il repartira au ramassage suivant ou à la prochaine brocante), un vélo ou une radio à bricoler, des éléments de déguisement pour Carnaval. On y croise aussi, très tôt, quelques chineurs avertis, prêts à se battre pour deux jolies chaises à rempailler ou un guéridon bancal. Plus tard, dans la nuit, ce sont des gens du voyage ou d'autres récupérateurs de base qui enfourneront sans ménagement, dans leurs camionnettes tout aussi brinquebalantes, tous les morceaux de ferrailles restant. L’existence de tels circuits spontanés est un indice, certes informel mais indéniable, qu'il existe un potentiel de prévention, par réutilisation, rénovation, réparation de nombre des objets dont certains n'ont plus l'usage à un moment donné, mais auxquels d'autres accordent néanmoins encore une certaine valeur. Force est de constater que l'on connaît toutefois très mal l'état actuel de ces pratiques (par qui, où, pourquoi…sont-elles ou non développées?), non plus que leur impact en termes de flux détournés. Au petit matin, il reste bien évidemment de grandes quantités d'encombrants à ramasser par les bennes compacteuses. Mais on serait sans doute surpris par l'augmentation de tonnage qu'occasionnerait l'arrêt ou l'interdiction de ces pratiques. A fortiori, leur potentiel de développement (y a t-il moyen de les organiser, de les favoriser davantage, de les généraliser ?) n'est pas du tout cerné aujourd’hui. Des expérimentations pourraient être menées, afin d'en connaître les conditions et de valider les estimations très approximatives auxquelles on est réduit à ce sujet.